Royaume Maroc

Voyage, cuisine, artisanat marocain et babouche

Royaume Maroc

Voyage, cuisine, artisanat marocain et babouche

mai

21

Baltard et son chef-d’œuvre disparu

POSTED BY IN Non classé

No Comments

Baltard et son chef-d’œuvre disparu    

Paris a perdu son ventre pour toujours : détruites dans les années 1970, ses halles grouillantes de verre et de métal. Perte irréparable. Mais elles ont à tout jamais laissé le nom de Baltard, leur architecte, dans l’inconscient collectif parisien. De Victor Baltard, on sait pourtant peu de choses : malgré une scénographie maladroitement mimétique, l’exposition du musée d’Orsay dévoile avec bonheur la complexité de cet architecte qui se voulait artiste. C’est à la Villa Médicis de Rome qu’il forme son œil, sous l’égide de son directeur Ingres dont il réalise le décor de quelques tableaux. Il y explore aussi toutes les églises, dont il se souviendra quand il réalisera celle de Saint-Augustin. Il est chargé du décor des églises de la ville de Paris, invitant notamment Hippolyte Flandrin à orner l’église Saint-Germain-des-Prés.

Puis il doit rénover les Halles, alors moyenâgeuses. Le processus est long, les contre-projets se multiplient, mais il parvient à imposer son projet : I 500 tonnes de fer, de fonte et de lumière, inaugurés en 1857 et construits jusqu’en 1874. L’émerveillement est général. Mais c’est le baron Haussmann, ami d’enfance, qui lui offre son apogée. Nommé en 1860 à la tête du tout nouveau service d’architecture de la Ville, il participe à la révolution urbaine, celle qui façonne aujourd’hui encore le visage de Paris. Orsay évoque aussi ses projets non réalisés, gare du Pont-Neuf ou nouvel Opéra, ainsi que le souvenir éphémère de ces fêtes grandioses qu’il concevait pour la Ville, alors nombril du monde.

L’affiche politique et son apostrophe historique     

Aujourd’hui dématérialisée en un puissant parfum de jasmin sur les murs de nos réseaux sociaux, la parole publique saturait hier encore les murs et places de la République. Originale et érudite, l’exposition «Affiche action» a eu la bonne idée de relire cette libre parole telle qu`elle «s’écrit›› et pousse à Faction depuis la Révolution. 8 avril 1871 : «Nous sommes forts, restons calmes», clame en caractères minuscules la Commune de Paris. Août 1944 : «TOUS AU COMBAT», placardent plus loin les FFI.

La lettre, comme la mobilisation, se fait capitale. Et les grands V de la Victoire de fleurir sur la propagande lacérée de Vichy. «La Résistance, ce n’était pas que la lutte armée, rappelle l’historien Denis Peschanski, invité à débattre de son documentaire la Traque de du rouge. Coller des « papillons » dans la rue n’était pas un acte d’infra-Résistance !›› Mai 1968 : plus enclin à l’amour qu’à la guerre, l’atelier populaire des Beaux-Arts dilue son imagination collective dans les encres éclatantes de la sérigraphie en libérant à jamais l’affiche-texte de toute pesanteur formelle ou matérielle. À l’instar de cette phrase extraordinaire, écrite dans une cage d’escalier : «Dans la perspective d’1me vie passionnante…›› «De la signalétique poétique !›› selon le graphiste Pierre di Sciullo, qui occupe avec Vincent l’errottet les murs contemporains de l’exposition. Où l’on peut lire, conjugué à tous les temps, le verbe «(ne plus en) pouvoir d’achat››… Natacha Nataf

 Extase et douleur chez Henner       

Cet hiver, le musée Jean-Jacques Henner révèle la sensualité qui transfigure l’œuvre religieuse du peintre. Plus d’une centaine d’études et de toiles, de ses débuts académiques en 1849 à la fin de sa vie, répondent à celles de maîtres tels Eugène Carrière ou Gustave Moreau, réunis pour l’occasion. S’exhibe la sensibilité d’un artiste obsédé par les figure récurrentes du christianisme, à l’image de cette Madeleine de vêtue dont la candeur séduit plus qu’elle n’appelle à se repentir. Le sujet, qui s’épure au fil des ébauches, est perçu comme apparition. Une lumière édifiante émane de ces corps seuls face à l’absence. Le travail de Henner implique de multiples reproductions qui ne sont que prétexte à sa quête de pureté absolue des sens, comme autant de tentatives de mettre à nu l`âme des martyrs perdus et troublés. Les anatomies, ainsi vidées de caractère, ne laissent paraître que l’absolu au travers d’une chair souffrante et s’évaporant dans le néant.

Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>