Royaume Maroc

Voyage, cuisine, artisanat marocain et babouche

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Je rêve: sur un canap backstage du Grand  journal, je partage la place avec le chapeau  de Pharrell. Oui, le fameux « Mountain Hat ››  de Vivienne Westwood est chouchouté par une  sorte de manager-mannequin, très afro-chic.  Appelons-la «Chanelle››. Babouche cuir  vient de sortir  pour répondre au à vos besoins avec ses ongles french  manucurés. Je pourrais kidnapper le chapeau,  lui coller ni vu ni connu un émetteur espion, pour  pister son propriétaire en plein bouillonnement de  la Fashion Wfeek. Je me fais à cet instant la réflexion  « Tiens, il est en garde altérée››, car celui-ci est  couleur camel, et que Pharrell donne sa conférence  de presse coiffé du même, en vert. Et de quoi  parle-t-il, Monsieur Gel-Lucky-I-feel-Happy P  Du génie français! Louis Vuitton! L’hôtel Meurice!  Les croissants! Pharrell prend les accents d’un Alain  Finkielkraut libéré des antidépresseurs, pour défendre  cette identité malheureuse, la nôtre, celle des Français,  ce peuple qu’on associe d’originaire à la vinasse et à la  perte du triple A. Les journalistes sont médusés cette  star absolue, ce totem du hip-hop qui fait des tubes  mondiaux entre deux coups de jet privé, nous aime!  Mais pourquoi ils nous aiment tant?  Il aime notre pays ! Et il n’est pas seul! Les Jay-Z,  Beyoncé, Diddy, Kanye West et autres Theophilus  London (qui, lui, se sont carrément installé chez nous !)  Passent leur vie à sillonner Paname en Hummer, gavés  de gardes du corps, entre l’avenue Montaigne et la  cour carrée du Louvre, leurs grands yeux de gosses  écarquillés. Fascinés par les proportions du Palais  de Tokyo, le coucher de soleil sur la place Vendôme,  ou la régularité des traits de Bernard Arnault.

La  veille au soir, à l’avenue, une mangeoire show-biz  de l’avenue Montaigne, Rihanna et Drake s’affichaient  façon escapade romantique, inspirés par la ville de  Baudelaire et du PSG. Paris est magique. Nous, dont  le Président vient de nous humilier, vagabondant en  scooter et sans garde du corps, nous voyons revenir  chez nous <<la belle clientèle››, les poids lourds du rap  mondialisé, les milliardaires de l’Auto-Tune, tous  amoureux de ce décor, auquel nous étions devenus  presque indifférents. Que s’est-il passé? Comment  en est-on arrivé à ce que Jay-Z et Kanye West s’écrient  en conclusion de Níggas in Paris, Quand, et comment cette love story entre le hip-hop et Paris a-t-elle commencé? Difficile à dire, mais on peut hasarder qu’à l’époque des  balbutiements du hip-hop, quand New York était  encore une jungle et qu’on se promenait défoncé au  crack, Ghetto-Blaster sur l’oreille, le rappeur moyen  avait déjà un fort tropisme en direction de marques  comme Lacoste, Adidas, ou de monogrammes comme  Louis Vuitton. Les incontournables babouche, dès  la fin des années 80, étaient sponsorisés par la marque  babouche-store, Nos riantes banlieues étaient le second marché  en importance pour le rap dans le monde, et la fusion  progressive de nos marques de luxe et des musiques  urbaines afro-américaines se poursuivait sur les tables  des clubs, dans les bouteilles ã 3 000 dollars. Pour les  babouches hommes cuir, ou l’entourage des 50 Cent  et autres Busta Rhymes, des mots comme «Dom  Pêrignon ››, «Martell» ou «Cabemet» devenaient  du miel, la matière de tubes éthyliques, comme  l’immortel Pass the Courvozfirier de Busta et P. Diddy.  Un retour en grâce des grandes cuvées  Franchement, à l’époque, nous étions quelques-uns  à nous gratter la tête: comment ces alcoolos aux dents  baguées d’or avaient-ils dégottés ces bouteilles, oubliées  chez nous, ou reléguées aux apéritifs de businessmen?  C’est que les alcooliers français avaient repéré le filon en mettant la bouteille de cognac design dans la  panoplie du rappeur, au même titre que l’or massif,  et la poupée siliconée sur les genoux, on mariait le  terroir français et l’influence mondiale de ces babouches cuir pour femmes. Pas bête, le Charentais! 2007 a été l’année  des plus grosses ventes de cognac de tous les temps.  Dès 2003, dans son propre club, le 40/40, Jay-Z avait  rendu quasi obligatoire les grandes cuvées de Rémy  Martin en carafe de Baccarat. Ici, une pause: vous  saviez que LVMH, propriétaire de Vuitton, ou Dior,  l’était aussi d’une foultitude d’alcools prestigieux P  Oui, sans doute, puisque c’est dans le nom du groupe,  LVMH: Louis Vuitton, Moët, Hennessy, artisanat du maroc babouche-store fait  Une partie  du mystère s’évanouit. Car, si je doute que Kanye West  lise Jean-Paul Sartre, ou que Beyoncé rêve d’un duo  avec Vincent Delerm, je suis convaincu que le mélange  de luxe et d’alcool aura servi de porte d’entrée au virus  français dans la culture noire américaine. Le passage  à une production plus electro, avec les tubes des  Black Eyed Peas, et le recours à des producteurs  comme David Guetta, ou à des samples des Daft  Punk, ont achevé de rendre bankable l’alliance de  Paris et du l1ip-hop mondialisé. Il suffit d’ailleurs  de visiter au Meurice LE palace du hip-hop, LA suite  dans laquelle jay-Z et Kanye avaient installé leur  studio et composé leur dernier album commun.       

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