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mai

22

La grande triade unité-multiplicité

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La grande triade unité-multiplicité-

Être a tout pour achever le système. Or il est tentant, sur le schéma, d’assimiler l’être majuscule à l’être minuscule, et par un diabolique et destructeur mouvement de la pensée, de fabriquer un Non-être absolu et donc une dyade Être/Non-être. Mais ne nous laissons pas maintenant emporter par le pouvoir des mots et des dessins ! Depuis le début, nous cherchons des signification. Que serait ce Non-être si l7Etre a déjà tout en lui ? Un schéma di-dyadique et tétra- triadique composé de l’unité, de la multiplicité, de l’être et du Non-être est-il plausible ? À la suite de Parménide, les néo-platoniciens alexandrins identités l’Être et la pensée ; l’être est aussi appelé Intelligence (vod).

Il nest pas ce qu’il y a de plus haut dans le système hypostatique car au-dessus de lui se trouve l’un suprême, principe de toutes choses. Les néo-platoniciens sont en général préoccupés par une objection classique : la naissance d’un univers multiple à partir de l’un est absurde. Ils répondent que l’Un est surabondant, infiniment fécond, en raison justement de sa simplicité et de sa perfection. Mais il ne faut pas oublier qu’il est constamment visé par la pensée et qu’il lui échappe toujours. Pour Plotin, l’Un est compris par une << présence supérieure à la science ››, << il ne faut en dire ni ceci ni cela, mais ce sont nos propres sentiments qu’il faut essayer dénoncer par des paroles, en l’abordant de l`extérieur et en tournant autour de lui, tantôt de près, tantôt de plus loin à cause des difficultés qu’il comporte. ››1 L’intelligence est proche de l’un et regarde vers lui, mais, différente de l’un, elle se pense elle-même, c’est-à-dire pense la totalité des choses.

Plus exactement, quand elle tend vers l’Un, elle n’est qu’une vision sans objet, et quand elle s’en écarte par un mouvement inverse, elle a en elle la simplicité du principe, mais une simplicité multipliée. Alors seulement elle est Intelligence et Être. Elle est vivante d°une multiplicité qui ne connaît pas l’opposition conflictuelle : elle est le monde intelligible dont toutes les paniers communiquent sans confusion, car à ce niveau les pensées sont une seule pensée qui a tout en elle, et non des pensées distinctes énoncées l’une après l’autre. Les parties sont certes différentes, mais elles sont des tous présents l’un à l’autre. Ainsi nous devons croire que, lorsque Plotin récite la formule ternaire  «plusieurs en un, un en plusieurs, et tous ensemble ››1, il fait de l’Être la totalité qui  identifie l’unité et la multiplicité, à condition de considérer que cette unité est l’Un  sans être l’un : elle est l’un réduit à ce qu’on peut penser de lui d°une pensée toujours  inadéquate, elle est l’un qui se laisse opposer la multiplicité. L’Être, inferieur à l’Un dans la gradation hypostatique, serait ici supérieur à l’unité, car il est l’unité qui s’est adjoint la multiplicité. Mais alors il serait possible que l’être glisse hors de son absoluité, et adjoignant lui aussi quelque chose, retoupe à l’un, le véritable absolu.

Ce qui manque à l’Être ne peut pas être une hypostase inférieure à lui ; cependant, ce que Plotin appelle non-être, matière et mal, pourrait convenir… Hélas ! La matière ne convient pas. Certes, nous pouvons toujours trouver des expressions et des formules plotiniennes pour opposer l’Être au non-être, telles celles- ci : «la matière sensible est sans doute l’inverse de la matière intelligible ››, «Cette profondeur, c’est la matière, et c’est pourquoi la matière est ténébreuse. La lumière qui l’éclaire est la forme ; Intelligence voit la fenne ››, << La matière divine reçoit une limite dénie, et elle possède la vie bien fixée d’une intelligence ; la matière du corps devient quelque chose de défini, mais elle n’est ni vivante ni intelligente ; c’est une chose morte qui reçoit l’ordre ›› << l’altérité appartient à l’être et non pas au non- être. ››

Plotin compare aussi le monde des idées à un père fécond et la matière à une mère stérile, c’est-à-dire qui ne procrée pas, n’engendre pas comme le fait une vraie mère, mais est simplement le réceptacle de la forme. Cependant le système hypostatique du fondateur du néo-platonisme n’a pas l’élasticité de celui des Esséniens. Le non-être est appelé mal avec circonspection, car le concept du Mal absolu est absent de la doctrine plotinienne.

Le mal ne vient pas de l’Un, qui est le Bien sans contradiction possible. Le monde sensible est le produit de l’Être et du non- être, ou plutôt le produit de l’Amé, hypostase juste inférieure à l’Être, qui s’est détournée de celui-ci, car bien que l’on puisse dire, mais difficilement, quelque chose du non-être, il n’est pas au point d’engendrer. L’univers d’ici-bas est donc un moindre  Bien, et l’homme, désirant le Bien, est assuré du salut par la remontée, intellectuelle  puis contemplative, vers l’Un. Pour Plotin, en aucun cas Être et non-être ne peuvent former une dyade dont le conflit se résoudrait dans l’unité.

 

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