Royaume Maroc

Voyage, cuisine, artisanat marocain et babouche

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mai

11

Palazzo Centani

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C’est le palais des plaisirs ! Le  dramaturge Carlo Goldoni raconte  avec nostalgie en 1787, dans ses  mémoires écrites en français,  combien il y fut heureux. «Ie suis  né à Venise, Pan 1707, dans une  grande et belle maison située  entre le pont de Nomboli et celui  de Donna Onesta…›› Construite au  XV* siècle, dans le style gothique  flamboyant emblématique des palais de l’époque, la demeure (la  troisième à partir de la gauche sur  la photo) abrite dailleurs de nos  jours un musée consacré à l’inventeur du théâtre italien moderne.  Goldoni passa son enfance dans  «le fracas et l’abondance» de cette  somptueuse bâtisse, alors louée par son grand-père, Carlo Alessandro Goldoni. Notaire de Modane, ce  «brave homme mais point éco-  nome» ne cessa d’y «renchérir sur  la dépense››, notamment en faisant donner à domicile opéras et  comédies «Tous les musiciens les  plus célèbres étaient a ses ordres»,  écrit toujours Goldoni qui en  déduit : «Pouvais-je mépriser les  spectacles ? Pouvais-je ne pas ai-  mer la gaieté ?›› D’autant, se sou-  vient l’écrivain, qu’il était lui-  même considéré comme «le bijou  de la maison. Ma bonne disait que  j’avais de l’esprit. Ma mère prit  soin de mon éducation. Mon pere  celui de m’amuser. Il fit bâtir un  théâtre de marionnettes». Ce qui  inspira au jeune Goldoni la voca-  tion de toute sa vie : le théâtre.  Parmi ses chefs-d’œuvre, «La Tri-  logie de la villégiature».  Cette demeure qui a vu naître  un dramaturge en a inspiré un  autre. Un siècle avant Goldoni, elle  était habitée par le chevalier Anto-  nio Zantani, épris de musique, de  peinture…

Et de son épouse, la sublime Elena Barozzi, immortalisée  parle Titien et Giorgio Vasari. La  Barozza, comme on la surnommait, eut pour amant Lorenzino de  Médicis, à qui elle donna une fille.  Or, le 26 février 1548, sortant du  palais de Zantani, Lorenzino fut  criblé de coups de couteau par  deux sbires vengeant 1′ honneur du  mari trompé. Trois siècles plus  tard, Alfred de Musset, amoureux  éperdu de Venise, se souviendra  de ce personnage pour écrire, en  1833, son grand drame roman-  tique : «Lorenzaccio››.

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