Royaume Maroc

Voyage, cuisine, artisanat marocain et babouche

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mai

12

Venise la lagune

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huit heures du matin, les  Fondamente Nove, les quais  qui bordent les rives du  Cannaregio, à Venise,  grouillent de monde A l’arrêt de la ligne 12, les vaporetti déversent une foule de  travailleurs venus des îles  environnantes. Dans l’autre  sens, des grappes de touristes embarquent pour une  promenade dans la lagune nord. Cheminant à  travers son dédale d’îles et de d’îlots, la ligne 12  est en effet le moyen le plus abordable pour explo«  rer cet univers si particulier. Dans sa totalité, la  lagune forme un gigantesque aquarium de cin-  quante kilomètres de long sur quinze de large. Ses  eaux saumâtres et peu profondes (soixante-cinq  centimètres en moyenne) sont constellées de  «barene››, ces bancs de sable plantés de roseaux  ou de salicornes, refuge des oiseaux nicheurs. Ali-  mentés à la fois par les rivières et les courants  marins, les canaux naturels qui les sillonnent  servent de chenaux de navigation. Les Vénitiens  appellent «bricole» les faisceaux de pieux qui les  bordent. Mouettes ou cormorans s’y perchent pour  se reposer ou guetter leur pitance.  Depuis les Fondamente Nove, les «bricole» qui  bordent la ligne 12 serpcntent vers l’île-cimetière  de San Michele avant de rejoindre Murano. Cette  dernière semble chercher dans le scintillement de  ses verres soufflés l’éclat d’une gloire envolée. Au  XVII 1° siècle, elle abritait dix-sept églises et de fas-  tueux palais cemés de jardins et de vignes. Aujourd’hui, elle n’élève plus vers le ciel ses campaniles,  mais les cheminées de ses fourneaux.  Plus au nord, Burano est fameuse pour sa den-  telle a l’aiguille. Mais cet artisanat est désormais battu en brèche par une production industrielle.  Sa disparition paraît inéluctable quand on sait qu’il  faut trois ans à trente ouvrières pour broder une  nappe à la main. Il se dit même que les quelques  vraies dentellières qui officient encore emporteront avec elles le secret de leur «point en l’air».  On se consolera devant les façades bariolées de  1′ île ; ven pistache, bleu outremer, rouge feuille morte,  rose saumon…

A l’origine, les femmes de Burano  auraient peint leurs maisons aux couleurs des voiles  de bateaux de leurs époux. On raconte aussi que les  façades blanches abritaient des bannis de Venise  qui, eux, n’avait pas le droit de peindre leurs demeures  et se désignaient ainsi plus facilement à la surveillance. «Qui peut savoir ?›› lance Roberto Terzi en  m’aidant à grimper dans son «bragozzo», un bateau  de pêche traditionnel. Iadis, Roberto travaillait à  Mestre, sur le continent. Mais son amour pour la  lagune l’a convaincu d’œuvrer pour une meilleure  connaissance de ses sites et de son environnement  Il propose ainsi aux touristes des excursions thématiques : archéologie, histoire, écologie, activités économiques… En cas de petit creux, Roberto vous fera  déguster coques, risotto ou fritures, sans oublier ce  gâteau de forme annelée qu’ on embarquait jadis sur  les bateaux, la «bussola», a la discrète saveur d’orange  amère, aussi célèbre à Burano que le campanile pen-  ché de l’église San Martino.  Après avoir contourné l’île de Mazzorbo, nous  accostons l’îlot voisin de Mazzorbeto. La nous attend  Bruno Mellara, dans une petite cabane en pierre à  peine éclairée. Tous les matins, entre cinq et six heures, il part de Burano pour relever ses filets.  «Parfois quand il y a du vent, c’est difficile de maintenir la barque, mais il y a davantage de poissons»,  dit-il avec un sourire buriné. Que pêche-t-il ici ?  «Des anguilles, des barbues, des dorades, des loups,  diverses espèces de mulets, des rougets, des soles,  énumère Bruno. Mais aussi des aloses, des aiguilles  (au rostre pointu comme celui de l’espadon), des  gobies, des goujons, des sprats et des ombrines. Sans  oublier les seiches que l’on fait cuire dans leur encre  et qui colorent les pâtes avec lesquelles on les sert».  Mais ce qui fait le délice de tant de Vénitiens, ce  sont les «moleche». Ces crabes verts («Carcinus  mediterraneus›-) ont la particularité de muer. En  février, au printemps et à l’automne ils s’expulsent  de leur carapace et s’offrent ainsi, tout frais, tout  mous, a la dégustation des gourmets. L’une des acti-  vités principales des pêcheurs consiste à tn’er ces  crustacés. Les femelles («mazanete») sont écartées  car elles portent les œufs et ne muent qu’en été.  Les mâles, eux, doivent avoir une certaine taille. Il  faut voir les doigts agiles

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